Le défi du zéro émission nette pour les aéroports
L’industrie du transport aérien a devant elle un défi majeur : la transition énergétique en faveur de la décarbonation. Pour relever le défi d’un nouveau modèle aéroportuaire plus durable, tout en préservant la capacité des aéroports à connecter le monde entier, le Groupe ADP s'est engagé sur une trajectoire claire et ambitieuse de décarbonation, avec des objectifs certifiés « zéro émission nette » par l’organisme indépendant SBTi, et sur des plans d’actions concrets.
Une trajectoire de décarbonation ambitieuse
La réduction des émissions carbone est un défi d’ampleur que le Groupe ADP entend relever avec l’ensemble des acteurs du secteur. Le Groupe développe depuis plus d'une dizaine d'années une politique active pour réduire son empreinte environnementale, aux côtés de ses parties prenantes, visant à aligner ses objectifs de décarbonation sur la trajectoire d'augmentation de température de 1,5 °C définie comme cible à respecter par les Accords de Paris sur le climat.
Alors que l’ensemble du secteur aérien s’est engagé en 2022, lors de la 41e Assemblée générale de l’OACI, en faveur de la neutralité carbone d'ici 2050 du transport aérien à l’échelle mondiale, le Groupe ADP a accéléré son engagement climatique et s’est doté d’une trajectoire ambitieuse et claire.

Les plans d’action mis en place par le groupe visent d’abord à diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) internes liées à l’activité aéroportuaire directe2 (scopes 1 et 2), à travers la réduction de consommation énergétique, le verdissement des flottes de véhicules, ou encore via la production et le recours à des sources d’énergie décarbonées ou bas carbone.
Pour les émissions externes3 (scope 3) liées à l’activité des autres parties prenantes sur les aéroports (dont les compagnies aériennes), le Groupe s’engage à mettre à disposition des équipements pour électrifier les opérations au sol, déployer de nouvelles énergies pour les avions comme pour les transports au sol et préparer l'arrivée de l'avion à hydrogène.
Des objectifs de décarbonation, validés par SBTi
En octobre 2024, les objectifs de décarbonation et la cible 2050 (zéro émission nette sur toute la chaîne de valeur) fixés par le Groupe ADP ont été validés par le Science Based Targets initiative1(SBTi). Cette validation atteste que les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre du Groupe sont compatibles avec l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris.
"Toutes nos équipes sont engagées pour décarboner nos activités et notre responsabilité est grande dans l'atteinte des objectifs de décarbonation de l'aviation. Nous devons transformer nos aéroports en hubs énergétiques, capables de produire et de distribuer des énergies bas carbone pour les besoins des usages de l'aéroport, des compagnies aériennes, mais aussi des territoires voisins."
En Île-de-France, le Groupe ADP a ciblé l'atteint de la neutralité carbone avec compensation, pour ses émissions directes (scopes 1 et 2) : déjà atteint dès 2025 pour Paris-Orly, attendu en 2027 pour Paris-Le Bourget, et à horizon 2030 pour Paris-Charles de Gaulle. Pour ces trois aéroports franciliens, l'effort de réduction des émissions directes se chiffre à : - 68 % d’ici 2030 et de -90 % d'ici 2035 par rapport à l’année de référence 2019.
Quant aux objectifs de décarbonation dit Net Zero, certifiés par le SBTi, ils impliquent en plus une réduction de -27,5 % des émissions indirectes de la part des parties prenantes à horizon 2030 et de -90 % à horizon 2050. Cet objectif implique toute la chaîne de valeur, et notamment les émissions des avions en vol au décollage et à l'atterrissage.
Concernant son réseau d'aéroports à l'international, le Groupe ADP vise la neutralité carbone en 2030 pour tous ses aéroports, puis le zéro émission nette en 2050 au plus tard pour les dix plus importants.
22 aéroports du réseau sont également engagés dans le programme ACA (Air Carbon Accreditation) de l'ACI (Airport Council International), dont 12 avaient déjà atteint ou dépassé, fin 2025, la note de ACA 3+, synonyme de neutralité carbone
Des leviers d'action concrets déployés dans l’ensemble des aéroports du groupe
Le Groupe ADP a identifié le chauffage, l’éclairage, la climatisation comme étant les leviers prioritaires pour la réduction de l'impact des principaux postes d’émissions directes (scopes 1 et 2) et a défini en conséquence des leviers prioritaires pour atteindre ses objectifs de décarbonation.
Afin de transformer son mix énergétique et de développer la part des énergies renouvelables, le Groupe ADP a fait de l’investissement dans le photovoltaïque l’un des leviers, de même que la géothermie qui existait déjà à Paris-Orly et s'étend à présent sur l'aéroport Paris-Le Bourget, grâce aux travaux de raccordement au réseau de chaleur géothermique de Dugny-Le Bourget, et aussi à Paris-Charles de Gaulle grâce à une nouvelle centrale géothermie profonde mise en service en 2026 qui assure 35 % des besoins de chauffage de l'aéroport
Ainsi, en développant le solaire sur son foncier parisien, en complément de ses achats d'électricité d'origine solaire via des contrats d'approvisionnement long terme (PPA pour Power Purchase Agreement), le Groupe ADP couvrira 30 % des besoins en électricité de ses trois aéroports parisiens d’ici 2030. Un grand plan de solarisation est en cours sur les aéroports parisiens où jusqu'à 200 hectares pourraient ainsi être mobilisés pour installer du solaire photovoltaïque. Les ombrières solaires sur les parkings seront développées en priorité, puis dans un second temps des centrales au sol, ainsi que le solaire sur les toitures des bâtiments.
Des actions similaires sont menées à l’international, notamment au sein des aéroports de TAV Airports avec le développement de centrales solaires photovoltaïques prévues à Ankara, Izmir, Alanya-Gazipasa, Milas-Bodrum, et Antalya en Turquie, et à Enfidha en Tunisie. L’aéroport d’Amman en Jordanie vise quant à lui une couverture de 24,5 % de ses besoins d’approvisionnement avec la mise en service d’une nouvelle centrale solaire photovoltaïque de 4,8 MW, avant une extension prévue pour atteindre une capacité installée de 10 MW d’ici 2040.
Le développement du solaire photovoltaïque permettra par ailleurs de sécuriser et décarboner l’approvisionnement énergétique pour la production d'hydrogène ou des carburants d'aviation durables de synthèse, au bénéfice de la chaîne de valeur. Autant d’initiatives qui permettent de concevoir un nouveau modèle aéroportuaire plus responsable et durable dès aujourd’hui.
Lanzajet : Soutenir le développement des carburants d'aviation durable
Le Groupe ADP transforme progressivement ses aéroports en hubs énergétiques, capables de proposer aussi bien de l’énergie électrique, des carburants d’aviation durable que de l’hydrogène bas carbone. En 2024, le Groupe ADP a annoncé avoir réalisé un investissement stratégique dans la société LanzaJet, producteur américain de carburant d’aviation durable, qui bénéficie d’une technologie déployable à grande échelle : la transformation de l’éthanol en carburant.
(1) Le Science Based Targets initiative (SBTi) est un organisme indépendant qui évalue la cohérence des objectifs ambitieux de réduction des émissions de GES des entreprises avec les Accords de Paris sur le climat, en conformité avec les dernières données scientifiques disponibles sur le climat.
(2) Émissions internes : chauffage et électricité des infrastructures, fonctionnement de nos véhicules, etc.
(3) Émissions externes : au sol (les accès et les opérations au sol) les émissions des avions (décollage, atterrissage et le trajet complet de l'avion), et achats de biens et service.